Epidémie de COVID-19 et confinement : Gare à la dénutrition !

Apr 22, 2020 par

En cette période d’épidémie mondiale de COVID-19, un risque peu médiatisé mais bien réel est celui de la dénutrition qui peut concerner aussi bien les personnes infectées que les personnes non malades et confinées. Quelles en sont les conséquences et quels sont les moyens de l’éviter ?

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Confinement et risque de dénutrition

C’est bien connu, certaines personnes affaiblies, comme les personnes âgées, sont plus fragiles face au risque de dénutrition. Et cette période exceptionnelle de confinement voit ce risque augmenter. Les difficultés à s’approvisionner, le manque d’exercice physique, l’isolement et l’ambiance anxiogène du moment peuvent en effet provoquer chez ces personnes confinées un laisser-aller et une perte d’appétit.

À savoir ! Les personnes devant faire l’objet d’une surveillance rigoureuse sont les personnes de plus de 75 ans, les patients sous chimiothérapie, les personnes souffrant de maladies chroniques, les personnes portant un appareil dentaire mal adapté, et les personnes souffrant de dépression ou d’isolement.

Or la dénutrition peut avoir des conséquences non négligeables sur l’organisme avec :

  • Un affaiblissement général de l’organisme accompagné d’une grande fatigue ;
  • Une fonte des muscles avec un risque de chute augmenté ;
  • Une baisse des défenses immunitaires augmentant le risque de contracter une maladie infectieuse.

Dès lors, comment les personnes vulnérables doivent-elles s’alimenter pendant la période de confinement ? Il faudra veiller à ce qu’elles mangent en quantités suffisantes en privilégiant une alimentation riche en protéines :

  • Viande, poisson ou œufs deux fois par jour ; lait ou des produits laitiers à chaque repas.
  • Produits céréaliers (pain, pâtes, riz, semoule) ou féculents à chaque repas.
  • Trois repas quotidiens avec des collations entre les repas.
  • Veiller à prendre ses repas dans une ambiance calme et agréable.
  • S’hydrater suffisamment : au moins 1,5 litre par jour : eau, eau citronnée, thé, tisane.

La surveillance du poids au moyen d’une pesée par semaine sera également indispensable pour détecter un amaigrissement anormal. Car plus la perte de poids sera détectée rapidement, plus il sera possible de traiter la cause et d’aider la personne fragile à reprendre les kilos perdus.

COVID-19 et risque de dénutrition

Le risque de dénutrition ne concerne pas seulement les personnes saines et confinées mais peut également concerner les personnes infectées par le SARS-CoV-2. On le sait peu, mais en tant qu’infection aiguë, le COVID-19 est une maladie à haut risque de dénutrition surtout chez les patients souffrant en parallèle d’une maladie chronique.

À savoir ! Généralement, la dénutrition constitue un facteur de mauvais pronostic et doit être systématiquement recherchée.

Les caractéristiques de l’infection par le SARS-CoV-2 concourent en effet à réduire la prise alimentaire du patient à travers :

  • Une inflammation parfois prolongée (pouvant persister plusieurs semaines) ;
  • L’augmentation de la dépense énergétique liée au travail ventilatoire ;
  • La majoration des besoins caloriques et protéiques.

Le patient pouvant souffrir d’une anorexie secondaire à l’infection, d’une gêne respiratoire ou d’une perte du goût et de l’odorat ne sera donc pas à-même de s’alimenter correctement.

Dans ce contexte, la Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme (SFNCM) a élaboré une stratégie de prise en charge nutritionnelle adaptée à la pandémie de COVID-19. Destinée aux professionnels de santé exerçant à l’hôpital, elle a pour objectif de les aider à prévenir ou traiter la dénutrition des patients en période de pandémie. Cette stratégie prévoit de fournir à tout patient COVID-19 positif, une alimentation hypercalorique et hyperprotidique. Si le patient présente des signes de dénutrition, et si en plus il est hospitalisé, l’apport de trois compléments nutritionnels oraux (CNO) par jour, au moins, est recommandé.

À savoir ! Les compléments nutritionnels oraux (CNO) désignent des mélanges nutritifs complets, hyperénergétiques et / ou hyperprotidiques, de goûts et de textures variés. Ils peuvent se révéler utiles dans le cadre de la stratégie nutritionnelle de la personne âgée dénutrie.

Il est donc indispensable de surveiller régulièrement la prise alimentaire qualitative et quantitative du patient. Car pour la SFNCM, « l’épidémie virale causée par le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 impose des bouleversements dans nos organisations en établissements de santé qui ne doivent pas occulter l’importance du soin nutritionnel. »

A vos assiettes !

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Covid-19 : pourquoi un risque majeur de dénutrition ?. LA REVUE DU PRATICIEN. Consulté le 16 avril 2020.
– Covid-19 : Stratégie de prise en charge nutritionnelle en établissement. LUTTE CONTRE LA DÉNUTRITION. Consulté le 16 avril 2020.
– Confinement et dénutrition : les conseils de Marie-Hélène Veyrié. MILLAVOIS. Consulté le 16 avril 2020.

Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue.

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