Complémentation nutritionnelle orale Nutrition artificielle : Définition Nutrition artificielle : Nutrition entérale Nutrition artificielle : Nutrition parentérale


Complémentation nutritionnelle orale

Cancer - Complémentation nutritionnelle orale : NatureNature
  1. La complémentation nutritionnelle orale permet d’augmenter les apports caloriques et protéiques oraux.
  2. Ils se présentent sous diverses formes : liquides ou épais, salés ou sucrés : potages, crèmes, boissons lactées ou fruités, plats mixés.

Cancer - Complémentation nutritionnelle orale : Rôle et mode d’administrationRôle et mode d’administration
  1. Lorsque les produits de complémentation orale sont pris à distance des repas, ils augmentent l’apport alimentaire sans se substituer à l’alimentation habituelle.
  2. Ils peuvent être consommés :
    • frais, à température ambiante,
    • tiède pour les arômes tels que chocolat, café, vanille, neutre,
    • chauds pour les potages,
    • purs ou dilués pour les boissons fruités.
  3. Leur composition est variée : normo-calorique ou hypercalorique, normo protidique ou hyper protidique, avec ou sans lactose, avec ou sans fibres, édulcorés.

Cancer - Complémentation nutritionnelle orale : ApprovisionnementApprovisionnement
  1. Ces produits sont disponibles en pharmacie, ils sont pris en charge dans le cadre de la pathologie cancéreuse.

Cancer - Complémentation nutritionnelle orale : Quelques recommandationsQuelques recommandations
  1. Il existe une grande variété de produits et d’arômes ce qui est important pour éviter la lassitude et pour s’adapter aux goûts, à la tolérance, à la présence de troubles de la déglutition (fausses routes) et aux troubles associés (diabète, constipation, diarrhée,..).
  2. Les produits hypercaloriques sont à privilégier en cas de baisse des apports (apports caloriques = 300 kcal / 200 ml).
  3. Afin de ne pas limiter le volume des repas, les compléments nutritionnels oraux doivent être pris à distance des repas (sauf pour les potages et autre préparations salées).
  4. Une complémentation nutritionnelle orale ne doit pas être débutée ou pris en cas de nausées et vomissements importants, notamment après les chimiothérapies, si l’on pense que le patient risque d’associer nausées ou vomissements et complémentation orale.
  5. S’il existe des difficultés pour respecter la prescription de complémentation, il est important d’en avertir le diététicien et/ou le médecin.


Nutrition artificielle : Définition

Cancer - Nutrition artificielleDéfinition
  1. Lorsque l’alimentation par voie orale n’est pas suffisante et qu’il semble difficile ou impossible de l’améliorer, une nutrition artificielle peut être proposée.
  2. Il existe 2 types de nutrition artificielle :
    • nutrition entérale (dans le tube digestif)
    • nutrition parentérale (dans une veine)
  3. La nutrition artificielle va apporter les nutriments dont l’organisme a besoin mais aussi des vitamines, des minéraux et de l’eau. Une nutrition artificielle peut être provisoire ou définitive. Elle peut être totale (pas de nourriture par la bouche) ou partielle. Dans ce dernier cas, elle n’est pas concurrente de l’alimentation par la bouche et peut même souvent favoriser la prise d’aliments.
  4. Elle est mise en place en milieu hospitalier mais peut se poursuivre à domicile.


Nutrition artificielle : Nutrition entérale

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : indicationsIndications
  1. Elle est à privilégier lorsque le tube digestif est fonctionnel. Elle permet d’administrer les nutriments directement dans l’estomac ou dans l’intestin sous forme liquide à l’aide d’une sonde.
  2. Elle est préférable à la nutrition intraveineuse car les nutriments sont digérés normalement et le tube digestif conserve son rôle dans la digestion des nutriments. Elle entraîne moins de complications. Ce type de nutrition peut se faire aisément à domicile.
  3. Il existe trois types de sondes :
    • sonde nasogastrique ou nasojéjunale
    • onde de gastrostomie
    •sonde de jéjunostomie

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Sonde nasogastrique ou nasojéjunaleSonde nasogastrique ou nasojéjunale
  1. La sonde est introduite par le nez et poussée jusqu’à l’estomac ou le jéjunum. Elle est en générale proposée pour une nutrition entérale de moins d’un mois.
  2. Après la pose de la sonde, il est important de vérifier, à l’aide d’une radio, que la sonde est bien positionnée dans l’estomac.
  3. Un repère est généralement fait sur la sonde au ras de la narine. Ce repère permet de vérifier que la sonde n’a pas bougé et doit être contrôlé avant le passage des nutriments. Ce contrôle visuel est réalisable par le patient.
  4. Si la sonde est déplacée ou si elle tombe, il ne faut pas essayer de la remettre sauf si on est formé pour le faire. Il faut prévenir la personne référente de l’hôpital.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Sonde de gastrostomieSonde de gastrostomie
  1. La sonde est directement introduite dans l’estomac par l’intermédiaire d’un petit orifice réalisée dans la paroi abdominale. Elle est généralement proposée pour une durée prévisible de nutrition entérale supérieure à 1 mois.
  2. Elle permet un meilleur confort physique et psychologique et elle facilite la rééducation à la déglutition.
  3. Après la pose, des soins sont à faire tous les jours par un infirmier selon un protocole précis. La sonde de gastrostomie peut être changée chaque fois que cela est nécessaire.
  4. Lorsqu’elle est retirée de façon accidentelle, il est important de se rendre rapidement à l’hôpital le plus proche afin qu’une nouvelle sonde soit remise en place, ceci avant que l’orifice ne se rebouche.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Sonde de jéjunostomieSonde de jéjunostomie
  1. La sonde est directement placée dans le jéjunum, par l’intermédiaire d’un petit orifice réalisé dans la paroi abdominale. Elle est notamment proposée dans les cas de chirurgie au niveau de l’estomac.
  2. La pose de la sonde de jéjunostomie nécessite généralement une anesthésie générale. Elle est le plus souvent mise en place lors d’une opération de l’œsophage, de l’estomac ou du pancréas par une petite ouverture de l’abdomen.
  3. La sonde est fixée à la paroi de l’abdomen par des fils de suture qui pourront être remplacés par des bandelettes adhésives.
  4. Après l’opération, la nutrition est reprise de façon progressive.
  5. Après la pose de la sonde, des soins sont faits tous les jours par un infirmier selon un protocole strict.
  6. La zone reste souvent douloureuse quelques jours après la pose et le temps de la cicatrisation. Il ne faut donc pas hésiter à signaler les douleurs existantes afin qu’elles soient calmées le plus rapidement.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Calcul des besoinsCalcul des besoins
  1. Le calcul des besoins nutritionnels et des apports oraux s’ils sont encore possibles sont importants pour déterminer le taux de calories et de protéines apportés par la nutrition entérale.
  2. L’augmentation progressive des apports de la nutrition entérale se fera en fonction de la tolérance, des objectifs à atteindre, du poids et de l’acceptation de la nutrition entérale par le patient.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Mode d’administrationMode d’administration
  1. Les modes d’administration de la nutrition entérale peuvent être :
    • par gravité
    • par régulateur de débit (pompe)
    • en continu sur la journée ou la nuit
    • en discontinu, par exemple aux horaires des repas, chaque prise durant environ 2 heures.
  2. Les produits administrés sont prêts à l’emploi. Ils se présentent en poche ou en flacon.
  3. La poche (ou le flacon) de nutrition entérale est reliée à une tubulure. La nutrition s’écoule ensuite par cette tubulure par gravité ou par pompe.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Conseils et recommandationsConseils et recommandations
  1. Il est important de se laver les mains avant chaque manipulation. Il faut ensuite vérifier l’état de la poche (emballage), le contenu doit être liquide. Les poches de nutrition entérale se stockent à température ambiante dans un lieu sec et propre.
  2. Lors du passage des poches, il est important d’être en position semi assise, c'est-à-dire la tête inclinée à 45° par rapport au reste du corps. Cette position est conseillée, en particulier pour les patients avec une sonde nasogastrique, dans la mesure du possible même si elle est difficile à respecter la nuit. Une position horizontale, pendant le passage des poches peut entraîner des nausées et des vomissements.
  3. Il faut éviter de passer des médicaments dans la sonde afin d’éviter qu’elle se bouche. Si cela est cependant nécessaire, il faut préférer les médicaments sous forme liquide, en poudre ou soluble.
  4. Il est important de bien rincer la sonde avant et après le passage des médicaments et des poches de nutrition. Si elle est bouchée, il est possible de passer un peu d’eau tiède de façon très progressive ou de l’eau gazeuse ou du soda au cola.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Les différents types de produitsLes différents types de produits
  1. Les produits standard correspondent aux normes d’une alimentation équilibrée (500 ml apport 500 kcal).
  2. Certains produits sont hypercaloriques (enrichis en calories) ou hyper protidiques (enrichis en protéines).
  3. Certains sont adaptés aux personnes diabétiques.
  4. D’autres contiennent des fibres qui jouent un rôle dans la régulation du transit intestinal (constipation, diarrhées).
  5. Certains sont enrichis en immunonutriments qui stimulent les défenses immunitaires.
  6. Ils sont utilisés en général avant et après une intervention chirurgicale.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : En cas de complicationsEn cas de complications
  1. Certaines complications peuvent être rencontrées pendant la nutrition entérale. Il ne faut donc pas hésiter à en parler à l’équipe médicale afin qu’elles soient traitées les plus rapidement.
  2. Les diarrhées peuvent être dues à un passage trop rapide des produits, à une température trop basse des produits ou de l’eau administrés, à une mauvaise position de la sonde. Elles peuvent être également la conséquence de conditions d’hygiènes non respectées (la sonde doit être rincée après chaque passage de produit et la tubulure doit être changée tous les jours). Une fièvre peut aussi être un signe de diarrhées infectieuses.
  3. Une constipation peut être le résultat d’un manque d’eau, d’un manque de fibres alimentaires ou d’un manque d’activité physique. Certains médicaments antidouleur comme la morphine peuvent entraîner une constipation.
  4. Des nausées ou des vomissements peuvent survenir. Ils sont le plus souvent dus à une mauvaise position de la sonde (surveiller que le repère sur la sonde n’ait pas bougé) ou du patient (patient allongé pendant ou juste après le passage des produits). Certaines chimiothérapies ou radiothérapies peuvent entraînées des nausées et vomissements, il faut donc le signaler à l’équipe médicale pour que des médicaments adaptés soient proposés.
  5. Des reflux peuvent être provoqués par une position trop allongée. Le liquide gastrique ou le produit de nutrition entérale remonte alors de l’estomac vers l’œsophage voire la gorge. Un reflux trop important peut entraîner le produit vers les poumons et provoquer ainsi un risque d’infection pulmonaire.
  6. Si on note une perte de poids malgré la mise en place d’une nutrition entérale, cela peut être dû à des apports caloriques insuffisants, des troubles digestifs ou à une augmentation des dépenses d’énergie liées au cancer et aux traitements. Elle peut être aussi la conséquence de difficultés à prendre la totalité des quantités prescrites. Il faut donc en avertir l’équipe médicale car il existe alors des risques d’aggravation de la dénutrition mais aussi de déshydratation.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition entérale : Retour au domicile et rôle des prochesRetour au domicile et rôle des proches
  1. Pendant l’hospitalisation, le patient et son entourage vont pouvoir être formés à la nutrition entérale si ils le souhaitent et si c’est possible avant le retour à domicile.
  2. La nutrition entérale peut être assurée et surveillée au domicile par des prestataires de services. Elle est totalement prise en charge par la sécurité sociale.
  3. Le rôle du prestataire de service est d’organiser la nutrition entérale au domicile avec :
    • installation du matériel médical le jour du retour à domicile ainsi que la formation du patient, de son entourage et de l’infirmière du domicile à la manipulation des produits, des tubulures et de la pompe si besoin
    • maintenance du matériel et assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7,
    • mais également coordination des différents intervenants auprès du patient au domicile et contact avec le service hospitalier.
  4. Le patient choisi librement le prestataire qu’il souhaite. L’équipe soignante peut l’aider dans ce choix.


Nutrition artificielle : Nutrition parentérale

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition parentéraleDans quel cas ?
  1. Elle est proposée lorsque la nutrition entérale est impossible. Les substances nutritives sont alors administrées directement par voie veineuse à l’aide d’une perfusion.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition parentéraleRisques
  1. Elle présente plus de risque d’infections. Signalez toute fièvre ou tout frissons ou malaises surtout s’ils surviennent peu de temps après le début des perfusions.

Cancer - Nutrition artificielle - Nutrition parentéralePrise en charge à domicile
  1. La nutrition parentérale peut également être prise en charge à domicile. Des infirmières viennent brancher et débrancher le système sous l’autorité des médecins hospitaliers prescripteurs