Syndrome de renutrition : mécanisme Syndrome de renutrition : prévention Équilibre glycémique Hypoglycémie au débranchement Troubles ioniques Complications liées au matériel



Cancer - Nutrition parentérale - Syndrome de renutrition : mécanismeSyndrome de renutrition : mécanisme

  1. Chez un patient sévèrement dénutri en carence d’apport prolongée, la mise en œuvre d’une nutrition artificielle, en particulier parentérale est un challenge métabolique.
  2. L’utilisation des nutriments apportés soudainement s’accompagne de la consommation de micro-nutriments, de la mise en œuvre de transfert ioniques entre le milieu interstitiel et le milieu intracellulaire, de l’activation de processus enzymatiques, pouvant démasquer des carences et conduire à des dysfonctions cellulaires et organiques graves, voire létales.


Cancer - Nutrition parentérale - Syndrome de renutrition : préventionSyndrome de renutrition : prévention

  1. Les troubles cardiaques (choc, troubles du rythme), neurologiques (altération de conscience, coma) et métaboliques (hypokaliémie, hypophosphorémie) sont prévenus par une montée progressive des apports nutritionnels, une administration accrue de micronutriments, une adaptation ionique sur les données d’une surveillance biologique et clinique rapprochée. Ceci explique que débuter la NP à domicile dans ce contexte soit irréaliste.


Équilibre glycémique

  1. Les patients cancéreux ont déjà un certain degré d’intolérance glucidique et les traitements corticoïdes peuvent décompenser des situations précaires.
  2. Le diagnostic évoqué sur l’hyper-diurèse, avant l’apparition de signes de déshydratation ou de cétose, sera confirmé ou détecté par la surveillance biologique.
  3. Une insulinothérapie parentérale peut s’avérer nécessaire en n’omettant pas que l’administration en fin de perfusion d’insuline risque de s’accompagner secondairement d’une hypoglycémie encore plus dangereuse.


Cancer - Nutrition parentérale - Hypoglycémie au débranchementHypoglycémie au débranchement

  1. Les hypoglycémies au débranchement, même en absence d’insulinothérapie, sont possibles, rares en cancérologie et font l’objet d’une éducation des patients et familles, et d’une décroissance progressive des vitesses de perfusions avant le débranchement.
  2. Le diagnostic est clinique (sueurs, malaises, fatigue, faim) et le traitement urgent (sucre per os et/ou injection immédiate de glucagon IM ou de soluté glucosé IV à tenir à disposition à domicile).


Cancer - Nutrition parentérale - Troubles ioniquesTroubles ioniques

  1. Les troubles ioniques sont prévenus par une surveillance biologique au moyen d’un ionogramme sanguin, phosphorémie, magnésémie, évaluation des pertes (ionogramme urinaire) adaptée à chaque patient et à chaque phase de prise en charge.
  2. Au long cours, des carences peuvent apparaître : des atteintes osseuses ou hépatiques ont été décrites en nutrition parentérale exclusive prolongée. Ces atteintes sont connues des centres agréés, ce qui justifie pleinement de la prise en charge et de l’évaluation de ces patients par ces centres.


Cancer - Nutrition parentérale - Complications liées au matérielComplications liées au matériel

Les complications de la voie centrale et de la ligne de perfusion doivent être évoquées au patient à domicile et les mesures préventives ou de sauvetage connus d’eux :

  1. le débranchement accidentel expose au risque vital d’embolie gazeuse marquée par une toux sèche et en cas de volume important, une perte de connaissance avec crises convulsives ou déficit neurologique,
  2. l’obstruction de la voie (reflux sanguin, précipitation, dépôt lipidique, déplacement de la voie centrale, compression de la tubulure) est prévenue et détectée par un rinçage régulier, par l’utilisation d’une pompe avec régulateur de débit et alarme de pression. Elle peut être traitée par rinçure héparinée, thrombolytiques, ou en cas de dépôts lipidiques par solution alcoolique. On n’utilise pour cela jamais des seringues de petit volume (jamais moins de 10 ml). Une thrombose de l’axe veineux peut survenir.