Réduction des facteurs de risque Influence de l’intervention en tant qu’agression (1) Influence de l’intervention en tant qu’agression (2)


Dénutrition chez l'enfant atteint de cardiopathie - Influence de la chirurgie réparatrice : Réduction des facteurs de risqueRéduction des facteurs de risque

  1. Il est habituel de considérer que la réparation chirurgicale des cardiopathies congénitales a un effet nutritionnel favorable, avec un rattrapage stature-pondéral à court terme.
  2. Cet effet peut être en partie attribué à une réduction de la dépense énergétique, notamment en raison de l’effet d’épargne énergétique de la sédation et de la ventilation mécanique, ainsi que par la modification du profil hormonal.
  3. L’impact nutritionnel de la chirurgie est cependant variable selon le type de cardiopathie et l’évolution nutritionnelle pré-opératoire.
  4. Par exemple, les chances d'accélération du gain pondéral et de la croissance staturale post-opératoires seraient maximales pour les cardiopathies congestives telles que CIV* et sténose pulmonaire, mais ce facteur n'influencerait pas le poids et la taille atteints en fin de puberté.
  5. Les résultats concernant l’influence du retard de croissance pré-opératoire sur le rattrapage post-opératoire, au moins statural, sont discordants.

* Communication interventriculaire.


Dénutrition chez l'enfant atteint de cardiopathie - Influence de la chirurgie réparatrice : Influence de l’intervention en tant qu’agression (1)Influence de l’intervention en tant qu’agression (1)

  1. Une étude réalisé dans une population d’enfants de moins de 2 ans a montré que la dégradation nutritionnelle se poursuit chez la plupart des enfants opérés, dans les mois qui suivent la chirurgie réparatrice, particulièrement pour les cardiopathies cyanogènes avec une réduction significative (p< 0,01) du poids (perte de 0,5 ± 1,1 DS) constatée entre la date de l’intervention et la date de l’étude.
  2. Deux interprétations de cette évolution sont possibles : soit que l’intervention ait incomplètement corrigé la cardiopathie, soit que «l’agression» opératoire ait généré une augmentation de la dépense énergétique (DE).


Dénutrition chez l'enfant atteint de cardiopathie - Influence de la chirurgie réparatrice : Influence de l’intervention en tant qu’agression (2)Influence de l’intervention en tant qu’agression (2)

  1. Si l’impact de l’intervention elle-même semble être plutôt favorable au-delà des quelques premiers jours post-opératoires, d’éventuelles complications infectieuses peuvent rendre compte d’une augmentation de la DE.
  2. Des variations de 50% de la DE de repos mesurée (de 40 à 60 kcal/kg environ) ont en effet été mises en évidence, entre 2 "niveaux d'agression" chirurgicale chez un même enfant, le niveau d'agression étant quantifié par le dosage de la CRP plasmatique. On sait que l'hyperthermie engendre une augmentation de la DE de repos de l'ordre de 10% par degré C° au-dessus de 38°C en moyenne.
  3. D’autre part, les bouleversements représentés par l’hospitalisation, la douleur, le changement des rythmes et des habitudes alimentaire chez un jeune enfant peuvent à eux seuls rendre compte d’une réduction plus ou moins durable des ingesta, au-delà de la phase post-opératoire immédiate, ce qui implique une carence d’apports si une assistance nutritionnelle n’est pas mise en place.