Fausses routes répétées Lenteur de la prise alimentaire L’alimentation suffit-elle ? En cas d’alimentation insuffisante


Enfant et polyhandicap : fausses routes répétéesFausses routes répétées

  1. Certains enfants font des "fausses routes" avec l'alimentation. Elles peuvent être rares et très minimes mais parfois aussi pluri-quotidiennes. Les liquides, les solides ou les deux consistances peuvent être concernés, voire même la salive. Ces fausses routes sont parfois non évidentes sur le moment, et se traduisent par un encombrement pulmonaire et des pneumopathies répétées qui peuvent menacer la vie.
  2. Dans ce cas, la première démarche est de tenter de diminuer ces fausses routes en jouant sur les consistances : par exemple, il existe de l'eau gélifiée qui permet de "faire boire" l'enfant sous une forme solide.
  3. Dans certains cas, des examens sont utiles pour étudier la déglutition et les inhalations d'aliments (scintigraphie, transit baryté…), et une rééducation possible par des professionnels paramédicaux (orthophoniste, ergothérapeute, kinésithérapeute...), jouant sur la position, la déglutition…
  4. En présence de fausses routes répétées, la difficile décision d'interdire à l'enfant toute alimentation est parfois prise. Une nutrition artificielle est alors indiquée.
  5. L'enjeu est vital, l'enfant pouvant décéder lors d'une fausse route importante, ou abîmer petit à petit ses poumons par le passage répété de petites quantités de nourriture.


Enfant et polyhandicap : Lenteur de la prise alimentaireLenteur de la prise alimentaire

  1. Dans certains cas, les repas durent 1h30, à renouveler 4 fois par jour…
  2. Une étude fine de la mastication et de la déglutition avec l'aide d'un ORL et d'une orthophoniste peut permettre un état des lieux et, éventuellement, une intervention thérapeutique portant sur les textures, la richesse en calories, les récipients (biberon, tasse, cuiller) et l'amélioration des réflexes d'alimentation. L'amélioration de l'état nutritionnel est cependant rarement décisive par ces moyens.
  3. En cas d'échec, un tel enfant peut, bien sûr, continuer à manger aux heures des repas. Néanmoins, un soutien nutritionnel va libérer du temps et atténuer l'inquiétude quant à l'alimentation. Les parents ne doivent pas voir cela comme un échec mais comme un élément de confort pour les aider à vivre avec leur enfant au mieux. Le temps économisé pour les repas peut permettre, par exemple, d'en consacrer plus à l'éveil…


Enfant et polyhandicap : L’alimentation suffit-elle ?L’alimentation suffit-elle ?

  1. Le "juge de paix" pour déterminer si l’alimentation est suffisante est l'état nutritionnel, évalué par le médecin par le poids, la taille et d'autres paramètres permettant d'évaluer la composition du corps (mesure des "plis cutanés", prises de sang par exemple).
  2. Qu'il y ait ou non des fausses routes, que le repas soit rapide ou interminable, sur le long terme l'état nutritionnel permet de savoir si le mode d'alimentation actuel est suffisant ou s'il faut un soutien nutritionnel.


Enfant et polyhandicap : En cas d’alimentation insuffisante En cas d’alimentation insuffisante

Si l'état nutritionnel n'est pas satisfaisant, plusieurs moyens d'action sont possibles, consistant surtout à passer en revue et à prendre en charge de façon multidisciplinaire tous les facteurs favorisants cités ci-dessus :

  1. rechercher et traiter les troubles stomatologiques ou digestifs qui peuvent gêner la prise alimentaire : constipation (grosses selles dures qui ne sont pas émises quotidiennement), vomissements, régurgitations, signes d'inflammation de l'œsophage (douleurs lors de l'alimentation, sang dans les vomissements, selles noires, douleurs inexpliquées) ;
  2. revoir les qualité et quantité de l'alimentation, les textures, les couverts, la position, la déglutition... ;
  3. avec le conseil d'un diététicien, donner une alimentation plus riche en calories, soit sous forme d'alimentation naturelle, soit en utilisant des produits nutritifs enrichis à boire ou à manger ;
  4. éviter absolument de forcer l'enfant à manger sous prétexte d'inquiétude sur son poids ! Il risque de réagir en refusant l'alimentation ou en vomissant, car il sentira la contrainte.