Seniors, gare au risque de dénutrition !

Feb 6, 2017 par

Plus de 2 millions de Français sont concernés par la dénutrition, notamment les personnes âgées qui représentent 60% des cas en établissement de santé. L’école de la dénutrition ouvre le dossier.

Comment identifier la dénutrition ?

La dénutrition se définit comme un déséquilibre entre les apports nutritionnels et les besoins de l’organisme. Ce trouble se manifeste notamment par des pertes musculaires et bien souvent par une altération de l’état général (réduction de l’autonomie, risque d’infections, etc.). De nombreuses raisons peuvent être évoquées pour expliquer ce trouble parmi lesquelles certaines maladies (dont les maladies neurodégénératives comme Alzheimer) ou médicaments (chimiothérapies) ayant pour conséquence de réduire l’appétit. À savoir que la dépression, fréquemment à l’origine d’une perte d’appétit, fait également partie, chez les seniors, des facteurs de risque de la dénutrition.

Il n’est cependant pas indispensable d’être médecin ou soignant pour détecter les signes de dénutrition. Ils sont facilement identifiables par :

  • Le port de vêtements trop amples ;
  • L’observation des habitudes alimentaires et de l’appétit ;
  • La perte de masse musculaire (marche lente, diminution du volume des cuisses, …) ;
  • La mesure du poids tous les mois : la dénutrition est avérée si la perte de poids dépasse 5% en 1 mois.

Prévenir et guérir

Plus la prise en charge sera précoce, plus elle sera efficace ! Elle va dépendre de plusieurs paramètres tels que le statut nutritionnel de la personne, les pathologies et handicaps associés et l’avis du malade et de sa famille.

Trois types de thérapeutique peuvent être envisagés :

  • L’alimentation par voie orale en première intention. Elle se décompose en divers conseils nutritionnels, un enrichissement de l’alimentation associé ou non à des compléments nutritionnels oraux (mélanges nutritifs complets) et une aide humaine ou technique à la prise alimentaire ;
  • La nutrition entérale est quant à elle envisagée en deuxième option lorsque la nutrition orale n’est pas possible ou insuffisante. Elle nécessite une hospitalisation de quelques jours afin de procéder à la mise en place d’une sonde (prescrite pour 14 jours) et de l’éducation thérapeutique du patient et de son entourage. Lors du retour à domicile, un prestataire de service spécialisé ou encore une infirmière à domicile prennent le relais pour les soins ;
  • La nutrition parentérale, nutrition artificielle par voie intraveineuse, est indiquée uniquement en cas de situations particulières comme les occlusions intestinales (interruption partielle voire totale du transit), l’échec de la nutrition entérale ou en cas de malabsorptions sévères.

A savoir ! Le syndrome de malabsorption est une diminution de l’absorption des nutriments au niveau de la muqueuse intestinale.

Après 70 ans, il est conseillé d’éviter les jeûnes en mangeant trois repas par jour et si possible deux collations. Quelques conseils pour une bonne alimentation :

  • Consommer en priorité des aliments riches en protéines tels que la viande, le poisson ou les œufs, à raison d’une fois par jour ;
  • Boire beaucoup d’eau, de l’ordre de 8 à 10 verres, dans la journée ;
  • Lutter contre l’ostéoporose en consommant des produits laitiers ;
  • Ne pas oublier les vitamines !

À noter, qu’il est important de maintenir une activité physique (jardinage, marche…) d’au moins 30 minutes par jour, consécutives ou non, afin de conserver une masse musculaire suffisante.

Mieux vaut prévenir que guérir, alors seniors, à vos assiettes !

Charline D., Pharmacienne


Sources :

HAS. Synthèse des recommandations professionnelles. Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée. 2007.

Le quotidien du médecin. Un collectif contre la dénutrition. Dix mesures pour les 2 millions de personnes concernées. 3 novembre 2016.

Ministère des Affaires sociales et de la Santé. Programme National Nutrition Santé. Brochure : Dénutrition, une pathologie méconnue en société d’abondance. Consulté le 01 Février 2017.

L’assurance maladie et le Comité Français d’Education pour la Santé. Dossier de presse. Les clés du « bien vieillir ». Prévention des chutes chez les séniors. Novembre 2001.

Charline D.

Pharmacienne.

Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.

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